Dans un échange récent avec un consultant de notre communauté, la question « comment aider une organisation à développer l’antifragilité ? » a surgi. Nous avons répondu « par le diagnostic partagé évidemment ». Or notre réponse semblait ne rien avoir d’évident. Pourquoi pouvons-nous dire que le Diagnostic Partagé est antifragile ?
Définir l’antifragilité

Commençons par définir l’antifragilité. Le concept a été inventé par Nassim Taleb, le roi de l’incertitude, pour désigner le contraire de la fragilité. Un système fragile casse quand il subit un choc, un aléa, une erreur. Un système antifragile se renforce des chocs, aléas, erreurs. C’est donc bien différent de robuste qui reste insensible aux chocs. L’antifragile se renforce dans les problèmes, les chocs.
Nassim Taleb cache un concept mathématique derrière cette idée, mais cela fera l’objet d’autres développements.
En professionnel du sujet (il est aussi l’auteur du Cygne noir), il a cherché au départ à profiter des aléas et du hasard en mettant en place une méthode de trading d’option. Or cette méthode se renforce dans la volatilité, ce qui lui a permis de faire fortune une première fois lors de la crise financière de 1997. Il avait par ailleurs prévu dans ses ouvrages la crise des subprimes ainsi que le COVID. Sa vision des aléas est assez étonnante.

L’émotion rend le Diagnostic partagé antifragile
Comment un diagnostic partagé permet-il de profiter des chocs et des aléas ? C’est le traitement spécifique que nous faisons de l’émotion qui permet cela. Dans notre méthode de diagnostic partagé nous codons l’intensité émotionnelle. Dans ce code une émotion « Rouge » est très très négative. C’est donc un problème pour la personne qui la ressent.
Lorsque cette émotion, grâce au codage et à l’aiguillage visuel, se retrouve sur un tableau comme celui-ci, elle commence à prendre sens également pour le collectif.

Par exemple sur l’image jointe, on voit sur la dernière ligne un « rouge », ainsi que trois oranges, ce qui montre que l’équipe manque de parler vrai. En regardant cela en face, l’équipe se rend compte que c’est ce qui l’empêche d’achever son projet. Pour y remédier, elle va travailler ce point là, ce qui lui permettra de réussir. Dans ce processus l’équipe a ainsi développé son antifragilité car elle s’est renforcée à partir d’un problème.
En ce sens le diagnostic partagé, tel que nous le pratiquons, permet bien de développer l’antifragilité d’un système, puisqu’il se base sur ce codage émotionnel.
Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du diagnostic partagé, nous organisons deux fois par an des sessions, que nous appelons « Pied à l’étrier », qui expliquent, en 1h, les outils de base du DP dont ce traitement émotionnel. Inscriptions ici : https://www.eventbrite.fr/e/114289605286
Nous pratiquons le partage d’expérience 3 fois par an, lors de webinaires, là encore gratuits, où nous décrivons des cas de la manière la plus réelle possible. Nous utilisons à cette occasion le canevas de dispositif. Les inscriptions pour les REX se trouvent ici : https://www.eventbrite.fr/e/billets-retour-dexperience-diagnostic-partage-dp-136780198255.
En regardant les replays vous pourrez donc voir comment nous l’utilisons. Ces replays sont tous disponibles sur la section vidéo du site https://diagnosticpartage.com/videos/.
La pratique graduelle consiste à roder l’utilisation des outils fondamentaux (codage émotionnel, 5 étapes, grilles, dispositif) sur des cas simples puis de plus en plus complexes. Le détail qui conduisit au canevas que nous avons vu se trouve dans le REX ci-dessous.